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jeudi 4 mars 2010

Une olympiade ne doit faire oublier les précédentes

Triste souvenir à l'ouverture



Mais beau résultat historique...

mercredi 3 mars 2010

Pauvres ... blondes (2)

lundi 1 mars 2010

Pauvres ... blondes

vendredi 19 février 2010

Le Palais de Donn’Anna Caraffa (2)

Il y a bien longtemps, disait-on, la Reine Jeanne vivait là, épouse d'un vice-roi d'Espagne, qui tuait les marins qu'elle avait séduits, et les âmes des morts rodaient encore la nuit entre ses murs.

La reine dont il est question serait Giovanna d'Anjou (1326-1382), dont les quatre maris décédèrent dans d'étranges circonstances, ou bien encore Giovanna II d'Anjou (1371-1435), dont le mari fut assassiné…
La confusion règne…

«That's why many people call the Palace of Queen Giovanna…a mistake, Sir. Ignorance of the uneducated people ! That is the Palazzo di Donn'Anna, and Donna Anna Caraffa was a great Neapolitan signora, wife of the Duke of Médina, the Spanish viceroy who constructed the palace for her and was not able to finish it » (Mare Nostrum by Vicente Blasco Ibanez).

En effet, son architecture fait non pas référence au 14ème siècle, mais plus au 17ème, de par la richesse et l'élégance de certaines de ses parties.

En fait, ce palais fut construit en lieu et place de la «Villa Sirena», nom du véritable palais de la Reine Giovanna. Après le règne de la maison d'Anjou, le palais est acquis par Dragonetto Bonifacio, et au 16ème siècle, par la puissante famille Ravaschieri puis par les richissimes Caraffa.

Donn'Anna 2

Le Prince Carafa di Stigliano en fit don à sa fille Anna pour son mariage avec le Duc de Médina de las Torres, Vice Roi espagnol du Royaume de Naples.

Sur ces ruines, Anna Caraffa confia à l'architecte Cosimo Fanzago la construction de son palais, pour que l'on puisse y accéder tant par la route que par la mer, depuis le Golfe du Pausilippe.

Les travaux ont commencé en 1630. Son architecture se révèle être la traduction concrète d'une hiérarchie pyramidale : dans une grotte, en contact avec la mer, les barques et les habitations de pêcheurs, à l'étage, la bourgeoisie, et au dessus, la noblesse, dont faisait partie Anna Caraffa.

Doté d'un théâtre, Donn'Anna y organise les plus belles réceptions de Naples, tant par la magnificence des lieux, que par le luxe déployé.

Pour sa première soirée, une pièce de théâtre est jouée, mettant en scène Donna Mercede, nièce du Duc de Médina, et Gaetano Casapesenna, dans le rôle d'amoureux éperdus. Les « acteurs » remplissant parfaitement leurs rôles, nul n'est alors dupe de leur amour, mais tous savaient aussi que le jeune homme était l'amant officiel de Donn'Anna.

La haine légendaire de Donn’Anna, des rumeurs et des quolibets poussèrent Donn Mercede à s'exiler dans un couvent. Le jeune Gaetano la cherchera en Espagne, en France et en Italie avant de mourir de fatigue.

Il est dit qu'après leur mort, l’âme des amants hanta le palais…

Le Duc de Médina se décida à rentrer en Espagne et laissa son épouse seule dans son palais, ce qui entraîna la chute de Donn'Anna.

Alexandre Dumas, dans « San Felice », décrit la chute de cette noble demeure. «Les napolitains, qui n'avaient pas fait entendre un murmure tant qu'avait duré la puissance du vice roi disgracié, le poursuivirent après son départ dans sa femme, et celle-ci, écrasée sous les dédains de l'aristocratie, accablée par les insultes de la populace, quitta Naples à son tour, et alla mourir à Portici, laissant son palais à demi-achevé, symbole de sa fortune brisée au milieu de son cours.

Depuis ce temps, le peuple a fait de ce géant de pierre l'objet de ses superstitions néfastes. Quoique l'imagination des napolitains n'ait qu'une médiocre tendance vers la nébuleuse poésie, et que les fantômes n'osent s'aventurer dans l'atmosphère limpide et transparente de la moderne Parthénope, ils ont peuplé, on ne sait pourquoi, cette ruine d'esprits inconnus et malfaisants qui jettent des sorts sur les incrédules assez hardis pour s'aventurer dans ce squelette de palais ou sur ceux qui, plus audacieux encore, ont essayé de l'achever, malgré la malédiction qui pèse sur lui, et malgré la mer, qui dans son ascension progressive, l'envahit de plus en plus : on dirait que, pour cette fois, les murailles immobiles et insensibles ont hérité des passions humaines, ou que les âmes vindicatives de Médina et d'Anna Caraffa sont revenus habiter, après la mort, la demeure déserte et croulante qu'il ne leur a point été permis d'habiter de leur vivant ».

Cette superstition est relayée bien plus tard par les habitants de Mergelina, quartier voisin du palais.

On y avait entendu des bruits de chaînes, mêlés à des gémissements. On avait, à travers les fenêtres, vu flotter des lumières bleu pâle, errant dans les salles humides et inhabitées.
On racontait aussi que ces ruines étaient devenues le repère des malfaiteurs.

On dit aussi qu’une nuit, un pêcheur avait été obligé de chercher un refuge dans la grotte sur laquelle le palais est bâti. Il avait entendu des ombres vêtues du costume des pénitents, qui assistent dans leurs derniers moments les patients avant le gibet ou l'échafaud.

vendredi 8 janvier 2010

Famous photos

mercredi 6 janvier 2010

Famous photos


Famous covers (revival)


mardi 5 janvier 2010

Famous covers (revival)

vendredi 20 novembre 2009

Photos retouchées




A lire ici

mercredi 18 novembre 2009

Padaboum... Quand la pub milite pour la paix des ménages




Voir ici

Ou encore ici

Ou

L'art du Packaging... ABOLUT




A voir notamment ici

lundi 21 septembre 2009

Famous covers (revival)




A lire ici un article intéressant de ce jour du Parisien

"Le 15 septembre, une proposition de loi, cosignée par une cinquantaine de parlementaires, a été déposée pour que, «au nom de la transparence», la mention «photo retouchée» soit systématiquement aposée sur chaque cliché modifié par un logiciel informatique. Objectif : lutter contre une certaine image stéréotypée de la femme toujours jeune et mince, qui peut avoir une mauvaise influence sur les adolescentes. «C'est une question de santé publique. Mais il s'agit aussi de protéger le consommateur»".

L'article "Une élue en guerre contre les photos retouchées" est assez bien fait et démontre la volonté de transparence dans la "lecture des images".


Pub Dove évolution : du mannequin à l'affiche

vendredi 11 septembre 2009

11 septembre


A lire ici

mercredi 11 février 2009

Brèves histoires de miroirs (5)

C'est également à la Renaissance qu'un nouveau genre apparaît : l'autoportrait.

Le miroir étant l'objet qui permet à l'artiste de reproduire ses traits afin de les fixer sur la toile, il peut figurer sur l'œuvre. La peinture étant surtout une activité masculine à l'époque, il existe peu d'exemples d'autoportraits féminins. Ces quelques cas nous montrent malgré tout que ce genre neuf permet aussi à la femme artiste de s'affirmer en tant que peintre et en tant que femme.



Cependant, comme la peinture et la femme sont considérées comme étant toutes deux au service de la beauté, le miroir présent dans les autoportraits féminins est associé à un instrument de toilette. Cette confusion, qui amène à confondre scène d'atelier et scène de toilette, fait que l'autoportrait féminin est considéré comme narcissique. La relation entre la femme et le miroir est souvent vue par les hommes comme secrète et mystérieuse. Ce plaisir que la femme ressent lors de ces moments d'intimité peut aller jusqu'à provoquer la jalousie de l'homme : l'aimée préférant son miroir de toilette à l'œil de son amant.

Dès le début du XVIIème siècle, la femme au miroir illustre surtout deux grands thèmes : la Vanité et les Vénus. Le miroir est ainsi le symbole de la beauté et du pouvoir de séduction, bien qu'il puisse encore mettre en scène le narcissisme de la femme qui admire son reflet dans le miroir, en se contentant de cette relation intime. Le miroir a donc un statut ambivalent. Soit il dévoile la beauté et engendre le désir, soit il met en garde contre la fragilité de cette beauté et appelle à la prudence en évoquant les ravages causés par la vieillesse. La femme au miroir incarne, dès lors, tantôt une déesse vénérée et fragile, tantôt un monstre concupiscent.

Berton, Femme nue, debout, de dos, dans un paysage, se regardant dans un miroir, Le Louvre

L'époque Contemporaine, est une période foisonnante en changements et innovations, comme l'apparition de la photographie et plus tard de l'informatique. C'est également à cette époque que les bouleversements sociaux et politiques, comme la liberté et la reconnaissance de la femme acquises grâce à son émancipation et l'internationalisation des échanges humains, amènent de profondes modifications dans les mentalités. Ces évolutions et révolutions se répercutent dans l'art qui connaît alors une véritable explosion. De nouveaux mouvements se succèdent sans arrêt et conduisent à de nouvelles recherches artistiques.

Le thème de la femme au miroir est touché, lui aussi, par ces nombreux bouleversements. Il continue d'illustrer les symboliques anciennes comme la toilette, la coquetterie ou la vanité. Mais le miroir, quand il est associé à la femme, reste aussi le moyen de modifier le rendu de l'espace. En effet, le miroir présent dans ces œuvres peut agrandir le champ de vision de la toile et donner à voir des angles de vue inattendus. Les jeux optiques, via le miroir, tout comme les déformations et les dédoublements, se multiplient au XXème siècle.

Erwin Blumenfeld, M's Torso in Mirror, Centre Pompidou

Cette capacité du miroir à reproduire le visuel dans le visuel va conduire les artistes à le considérer comme la métaphore de la peinture. Le nombre d'autoportraits féminins s'accroît considérablement au siècle dernier, ce qui est notamment à mettre en parallèle avec l'évolution du statut de la femme. Il perd peu à peu sa connotation péjorative et devient un genre à part entière.

À l'Epoque Contemporaine, le thème de la femme au miroir conduit également à illustrer plus fréquemment le repli sur soi. Qu'il évoque l'introspection ou le rêve, ce thème reflète bien les différents changements de l'époque, tout comme il s'aligne sur les recherches menées sur l'inconscient par les philosophes et les psychologues. Le miroir médiateur d'un questionnement intérieur lié à la connaissance de soi n'est pas neuf, mais le nouveau statut octroyé à la femme, aboutit à le lier davantage à l'imagerie féminine.
Tana Hoban (Sans titre), Centre Pompidou
Un autre changement, propre au XXème siècle, est le fait d'envisager le miroir dans sa matérialité. C'est ainsi que le thème de la femme au miroir peut être illustré sans réellement figurer une glace mais en l'utilisant comme support de l'œuvre, représentant la femme.

mardi 10 février 2009

Brèves histoires de miroirs (4)

Thèmes : Reflets d’histoires

Durant l'Antiquité, le thème de la femme au miroir est principalement lié à son devoir d'être jeune et belle, ainsi qu'à son pouvoir de séduction devant déboucher sur la procréation. Cette iconographie basée sur l'apparence extérieure et sur l'exclusivité du pouvoir de procréer, détenu par les femmes, s'éloigne de la conception introspective de Socrate, plutôt réservée à l'homme. Cette dichotomie extérieur-intérieur, corps-esprit, action-pensée subsiste longtemps dans nos civilisations.

Au Moyen Age, les représentations de femme au miroir sont essentiellement des allégories. Celles-ci peuvent être tantôt positives, comme la Prudence et la Raison, tantôt négatives, comme la Vanité, l'Envie et l'Orgueil. Ces désordres de l'âme féminine rappellent la faute commise par Eve, qui peut d'ailleurs être présentée, elle aussi, avec un miroir.



Dans l'iconographie religieuse, le miroir tenu par Marie évoque qu'elle est le « Miroir sans tache » de Dieu. Tandis que celui de Marie-Madeleine rappelle qu'elle a succombé à la vanité et à la luxure. Dans l'iconographie profane, le miroir est associé à la femme pour dénoncer les abus de sa coquetterie. L'attrait de la parure et du fard, exercé sur les femmes, ainsi que le plaisir qu'elles éprouvent à s'admirer sont considérés comme malsains voire maléfiques. Le Diable, créateur de mensonges et d'illusions, est dès lors souvent associé à cette iconographie et représenté aux côtés de la coquette.

Parfois, la vanité de la femme s'auto-admirant dans le miroir est liée à la représentation de la Mort. Dans ce cas, la belle, perdue dans une profonde contemplation narcissique, ne remarque pas la Mort qui rôde à ses côtés. Symbole de la beauté éphémère et du temps qui s'écoule irrémédiablement, cette iconographie rencontre un succès particulier dans les pays germaniques. Les représentations de la femme au miroir, au Moyen Age, sont donc, dans la plupart des cas, des œuvres didactiques, dont la connotation moralisatrice est à mettre en relation avec le message délivré par la religion chrétienne, alors à l'apogée de son influence.

Dès la Renaissance, les progrès réalisés en sciences conduisent l'homme à une meilleure connaissance du corps humain. C'est ainsi que le thème de la femme au miroir sert aussi de prétexte à l'étude du nu. En outre, les scènes de toilette sont une des seules occasions pour les peintres d'essayer de capter et de rendre la sensualité qui émane de la femme nue.
L’Albane, La toilette de Vénus, Le Louvre


C'est également à la Renaissance qu'un nouveau genre apparaît : l'autoportrait.

mercredi 10 décembre 2008

Droit de l’image « volée »

Principe : « vendre la photo d'une vedette prise dans un lieu privé est passible d'un an de prison et de 45 000 euros d'amende » et ce, depuis 1970.

Au lendemain de l’affaire Markovic (ancien garde du corps d’Alain Delon retrouvé mort et qui débouche sur une série de rumeurs de photos d’un genre particulier sur lesquelles apparaîtrait Claude Pompidou, l’épouse de Georges Pompidou alors ancien premier ministre), la violation de la vie privée a été introduit en droit français.



Une photo volée prise dans un endroit public peut seulement faire l'objet d'une condamnation à des dommages et intérêts. Mais si la photo a été prise dans un lieu privé : un an de prison et de 45 000 euros d'amende.

Si l’action civile est privilégiée, le pénal offre néanmoins la possibilité dune enquête afin, notamment, de découvrir l’auteur des photos volées. Le juge d'instruction peut alors ordonner des perquisitions et des saisies afin de déterminer les photographes qui peuvent dès lors être placés en garde à vue, mis en examen et renvoyés devant le tribunal correctionnel.




Claire Chazal, une pionnière ?

La star de TF1 a ainsi obtenu d'un juge d'instruction la perquisition des bureaux de Voici et la saisie de la facture de l'agence de presse à l'origine de photos avec son fils prises dans une propriété privée. Une perquisition au siège de l'agence a permis de découvrir l'identité des photographes, qui ont été condamnés. L'affaire est remontée jusqu'à la Cour de cassation, qui a donné raison à Claire Chazal en décembre 2000.

Et Maurice ?

Quatre photographes amateurs ayant vendu des images du mariage de Patrick Bruel, en 2004, sont actuellement jugés.

Après avoir été mariés civilement par Bertrand Delanoë, les époux Bruel, se marient dans la synagogue attenante au consistoire israélite de Paris, rue de la Victoire. Le 4 octobre, Voici publie, en une et sur quatre pages, le roman-photo du mariage.

L'analyse des photos permet de déterminer à quel endroit, dans la synagogue, se tenaient les apprentis photographes. Grâce au film vidéo d'un ami de Patrick Bruel, les époux resserrent leur enquête autour de quatre jeunes femmes. Une fois sûrs qu'elles ne font pas partie de leurs cercles familiaux, Amanda et Patrick Bruel portent plainte au pénal devant le doyen des juges d'instruction à Paris en février 2005.

Relevés des écoutes téléphoniques entre les personnes soupçonnées, le consistoire et le standard de Voici, investigations financières pour repérer les virements faits par les journaux, confrontations des suspects en présence du couple Bruel, du président du consistoire de Paris et du grand rabbin de Paris…

La garde à vue puis la mise en examen suivent.

Tous auraint reconnu les faits et ont exprimé des regrets, ignorant «que cela prendrait de telles proportions».

mercredi 12 novembre 2008

Paris Photo 2008

Ce soir, vernissage Paris Photo 2008



En dix ans d'existence, Paris Photo s'est affirmé comme la première foire de l'image fixe au monde. Ce rendez-vous unique propose le meilleur des expressions photographiques des origines à nos jours, tout en offrant un panorama prospectif de la création mondiale.

L'édition 2008, qui rassemble une centaine de galeries et d'éditeurs venus des cinq continents, coïncide avec le Mois de la photo qui fera de la Ville Lumière, en novembre, l'épicentre de la création photographique mondiale.

Notre ami Serge PLANTUREUX a, une fois de plus, le stand H2.



Vous pourrez notamment y découvrir nos dernières publications



ou y retrouver nos autres livres et carnets.

En tant qu'ancien Président de l'Accademia Dei Venti, je suis heureux de vous offir ce livre



que vous pouvez télécharger là Kaganovitch

mardi 26 août 2008

Orangina... La suite



Pub Orangina Animaux



146 plaintes ont été déjà déposées au Royaume-Uni contre la diffusion de cette publicité, la boisson dont il est question étant, selon les plaignants, destinée aux enfants.

Said Claude Knights, director of children's charity Kidscape: "Orangina is a drink which is mainly aimed at children and young people, but this new advert places the product in a very sexualised and provocative context. The almost sinister portrayal of animals in an animation style filled with sexual innuendo leads to very mixed and confused messages".

jeudi 26 juin 2008

Fiat...Lux

Newspapers and Television report recent troubles of Italian carmaker FIAT with the Chinese government regarding the advertising of FIAT's new car - the Lancia Delta.



On Friday, the company from Turin officially admitted that such advertising may "offend the sensibility of the Chinese nation" but the disputed movie is not intended to interfere with the political system of any country, especially the People's Republic of China. FIAT's spokesperson told the news that FIAT will continue to promote its car and they will not withdraw this controversial ad from their marketing campaign.


Spot Lancia Delta avec Richard Gere (46s)


mardi 17 juin 2008

La plus belle arnaque du marché de la photographie ?

« Je rigolerai dans ma tombe » disait Emmanuel Rudnitsky (1890-1976), plus connu sous le pseudonyme de Man Ray.

Les images légendaires de Man Ray sont  : « Larmes de verre », « Noire et blanche », « Elevage de poussière », « Transatlantique », « La Marquise Casati », « La Prière », etc. Et, bien évidemment celles des femmes qu'il a aimées ou côtoyées et qui ont servi de supports à ses nus sensuels : Lee Miller, Kiki (« Violon d'Ingres », le dos de Kiki relevé de deux ouïes à l'encre noire).



« Larmes » ou « Larmes de verre » (vers 1930) est sans doute l'image la plus célèbre de Man Ray. Le photographe a réalisé trois portraits quasiment identiques qui représentent le visage entier d'une jeune femme, avec huit perles de celluloïd fixées sur la peau.

Le Centre Pompidou conserve, depuis 1994, deux des trois négatifs.

Le troisième a disparu (!). Or, c'est uniquement à partir de ce négatif, en le recadrant, que Man Ray a réalisé deux chefs-d'oeuvre.

Le premier : les deux yeux, cinq perles et la bouche naissante, a atteint 240 000 dollars lors d'une vente chez Sotheby's, le 5 octobre 1995 à New York.

Le cadrage le plus célèbre est resserré sur l'oeil droit avec deux perles, en inversant le négatif. Des années 30 jusqu'en 1962, Man Ray a toujours retenu ces deux seuls cadrages. Nombre de variantes des Larmes, toutes problématiques, circulent pourtant.

A la fin du XXème siècle, le collectionneur Werner Bokelberg en a acheté cinq toutes fausses et de formats différents, notamment une qui représente l'oeil gauche.

Elton John a acheté pour quasiment 150 000 euros dans une vente Sotheby's du 7 mai 1993 une version douteuse: elle a été réalisée à partir d'un des deux négatifs que Man Ray n'a jamais utilisés et n'a jamais été publiée ou exposée de son vivant ; le cadrage, mièvre, trop large, ne correspond pas à sa vision ; les annotations au dos ne seraient pas de sa main apprend-on de Michel Guerrin.

Au Grand Palais, à Paris, jusqu'au 29 juin 1998, se tenait une grande rétrospective, divisée en trois parties : « Dupliquer le réel », « Démarquer le réel », « Dénaturer le réel ». Sans croire que la photographie n’est qu’une simple duplication, ses intitulés n’étaient-ils pas prémonitoires de l’affaire des « faux Man Ray » ?

En effet, la gestion chaotique de l'oeuvre de l'artiste surréaliste a permis la prolifération de tirages tardifs ou d'origine douteuse.

Depuis la mort, en 1991, de Juliet Man Ray, la veuve de l'artiste, ses héritiers ne cessent de se déchirer. D'un côté, le Trust Man Ray, créé à New York par les frères de Juliet, perçoit les droits d'auteur. De l'autre, la soeur de Man Ray et ses deux nièces, qui détiennent le droit de suite. Pour payer les lourds droits de succession de Juliet Man Ray, le Trust a fait une dation à l'Etat français.

Mais l’arnaque n’est pas là.

Plusieurs dénoncent rapidement la mise sur le marché de nombreux tirages réalisés après la mort de Man Ray. Ces tirages posthumes ont également gagné nombre de collections de musées. Dans le cas de Man Ray, exposer ces pâles copies pose problème, car elles dénaturent l'oeuvre originale.

Car un nombre important d'épreuves a été tiré, avec l’accord de l’artiste, dans les années 50, 60, et 70 parce qu'il n'y en avait pas de disponibles, en vue de les exposer et de les publier.

Il indiquait toujours la date de prise de vue et non celle du tirage, ce qui a compliqué les choses quand le marché Man Ray a réellement décollé, après sa mort, en 1976. C'est tout le problème. La plupart des observateurs affirment que Juliet, veuve de Man Ray, n'a pas été à la hauteur d'une oeuvre immense qui a fait l'objet de convoitises. « Trop de personnes avaient la clé des ateliers où étaient entreposés tirages, négatifs et contacts. Il y a eu des pillages »

Des laboratoires chargés de tirer les épreuves de Man Ray sont aussi mis en cause pour des tirages multiples.

Les "arnaques" se multiplient... La galeriste américaine Virginia Zabriskie a acheté cinq ou six images de Man Ray autour de 20 000 dollars pièce à un collectionneur français croyant qu'il s'agissait des tirages des années 30. Ce n'était pas le cas. Même mésaventure pour un célèbre marchand de San Francisco. L'avocat américain Arnold Crane a vendu au Musée Getty de Los Angeles des tirages de Man Ray dont une bonne partie a été réalisée au début des années 60...

Face au casse-tête de la datation, les restaurateurs de photographie sont également désarmés. Et, plan catastrophe : si un faussaire possède un négatif original ou une copie de ce négatif, il peut fabriquer des faux imparables sur des stocks de papier des années 30.

Or, c'est bien le problème... Si le Centre Pompidou en possède la quasi-totalité (13 500), il manque un certain nombre de négatifs et plusieurs tirages-contacts. Bref, quelqu'un s'est servi... avant la dation.

"Noire et blanche" : le Centre Pompidou conserve bien un négatif mais plusieurs reproductions de l'image montrent qu'un autre négatif, plus large (un bord de table apparaît), circule sans contrôle...

Au-delà des faux et tirages tardifs, c'est la définition de l'oeuvre photographique de Man Ray qui est en jeu. Comment s'y retrouver ?

Jane Corkin, marchand installée à Toronto (Canada), a acquis lors de la vente du fonds d'atelier de Man Ray, par Sotheby's en mars 1995, un dos nu (lot 156) pour 16 000 livres. Il s'agit d'un tirage positif plein cadre. Alors que Man Ray a solarisé son négatif et qu'il en a tiré un cadrage resserré qui fait partie des collections du Musée d'art moderne de New-York.

Comment ce type de tirages peut-il se trouver dans le fonds d'atelier de l'artiste ?

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