3 juillet 1777
Par Benjamin Martin-Tardivat le lundi 4 février 2008, 19:07 - Histoire du droit d'auteur - Lien permanent
Quelques billets sur l'histoire du droit d'auteur, en introduction d'un ouvrage qui sera, je l'espère, publié par l'Accademia dei Venti.
Ils sont 21, ce jeudi soir, à passer la porte d’un bel hôtel parisien au 47 rue Vieille du Temple dans le Marais. Ils sont les auteurs « dramatiques » les plus célèbres de cette fin de siècle. Connus et reconnus, aucun ne vit cependant de son art. Mécènes et affaires plus ou moins douteuses sont leurs seules véritables sources de revenus.
Tous, amateurs de bonne chère, ils éliront cette nuit leur hôte, Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, président du BUREAU DE LEGISLATION DRAMATIQUE.

L’auteur du Barbier de Séville, qui, de représentation en représentation connaît un véritable triomphe, n’en retire quasiment pas de bénéfice. Après trente-deux représentations, il réclame un compte exact de ses honoraires : on lui envoie 4506 livres. Il exige des comptes. On lui adresse un bordereau non signé. Il demande qu’on le certifie exact ; on refuse.
Les litiges entre auteurs et comédiens étaient devenus incessants à propos des frais de représentation : violation des règlements et falsification des recettes étaient habituelles.
Abusés par des comédiens insolents qui profitent de leur monopole pour ne pas rétribuer les auteurs comme il conviendrait, Beaumarchais, le plus riche des dramaturges, organise ce souper pour défendre, et c’est la première fois, les auteurs.
Cette grande bouffe changera notre histoire. L’agape permet de construire le temple.