Privilèges...
Par Benjamin Martin-Tardivat le mardi 5 février 2008, 09:56 - Histoire du droit d'auteur - Lien permanent
Toujours dans notre introduction sur l'histoire du droit d'auteur, une suite...
Au XVIIIème, les troupes de théâtres et les imprimeurs-libraires s’enrichissent et les auteurs restent crottés bien qu’ils aient du succès. Les premiers ont un monopole, ou privilège, les seconds une seule et unique obole pour rémunération.
Le privilège d’édition, le plus ancien, date, semble-t-il, de 1469 et est accordé à Jean de Spire, premier éditeur de Venise. Suivront ceux accordés en 1495 au célèbre imprimeur Alde Manuce , inventeur du caractère italique, pour une édition d’Aristote et, toujours en Italie, un autre en 1500 pour l’édition de la traduction latine d’un Traité contre les Juifs. En 1507, Louis XII accorde à Antoine Vérard le premier privilège français pour les épîtres de Saint Paul.
Même si pour certaines œuvres, la protection des artistes est assurée par la réglementation des corporations puis au sein des Académies Royales, qui ne sont que des éditeurs privilégiés uniques, la pratique ne protège pas l’auteur et sa création, mais le produit de l’impression.
Ainsi pour le théâtre, ce sont les comédiens, « support » de l’auteur, qui sont les « titulaires » du droit de percevoir les fruits de la représentation. L’auteur de pièces se voit donc destituer de ses droits dans un premier temps par les comédiens puis dans un second, par l’imprimeur en cas d’édition !