"Ça a débuté comme ça. Moi, j'avais jamais rien dit. Rien. C'est Arthur Ganate qui m'a fait parler. Arthur, un étudiant, un carabin lui aussi, un camarade."



CELINE (L.-F.) Voyage au bout de la nuit

Paris, Denoël et Steele, 1932, in-12, édition originale.

Ce premier roman consacra Louis Destouches (1894-1961) comme l'un des plus grands écrivains du siècle. Les hésitations de Gallimard furent, pour Robert Denoël, l'occasion inespérée de publier ce chef-d'œuvre en 1932. Dans la présentation qu'il fit à la NRF de son manuscrit, il semble que Céline ait été parfaitement conscient de la valeur de son travail : "Ce Voyage au bout de la nuit est un récit romancé dans une forme assez singulière et dont je ne vois pas beaucoup d'exemples dans la littérature en général. C'est ainsi. Il s'agit d'une symphonie littéraire, émotive, plutôt que d'un véritable roman."

L'une de ses innovations linguistiques majeures fut l'abolition de l'apostrophe comme marque du parler populaire, lequel s'incorpore tout naturellement au récit.