Temps de crise
Par Benjamin Martin-Tardivat le jeudi 13 novembre 2008, 07:18 - Humeur du jour - Lien permanent
Je signale la publication d'un ouvrage semble-t-il particulièrement
intéressant:

à en lire l'article de
Laurent Lemire%
«Livres pillés, lectures surveillées. Une histoire des bibliothèques françaises
sous l'Occupation», par Martine Poulain, Gallimard, 550 p., 22,50 euros.
L'article du NouvelObs
se termine de fort belle manière sur cette réflexion à méditer en ces temps de
crise:
"l'historienne montre une France opprimée qui cherche l'évasion dans la
lecture, une France où «Autant en emporte le vent» s'arrache au marché noir au
prix d'un kilo de jambon. «La France fut effectivement lectrice durant
l'Occupation. L'édition de nouveautés étant particulièrement pauvre, les
libraires mal approvisionnés, les bibliothèques ont été très fréquentées. Si la
lecture est empêchée, par la censure ou par les difficultés matérielles de la
vie, les réfugiés, les isolés, les prisonniers, tous ceux qui sont meurtris par
la guerre, trouvent aussi en elle l'oubli comme l'enrichissement, une forme de
liberté. L'Occupation, qui voulait contrôler la lecture par la censure, l'a
paradoxalement favorisée.» En fait, le paradoxe n'est qu'apparent. La censure a
toujours aiguisé l'appétit pour l'interdit. Et puis on peut toujours contrôler
les lectures dans les bibliothèques, on ne contrôlera jamais la manière qu'ont
les lecteurs d'y circuler..."
Bonnes Lectures!