Je signale la publication d'un ouvrage semble-t-il particulièrement intéressant:



à en lire l'article de Laurent Lemire%
«Livres pillés, lectures surveillées. Une histoire des bibliothèques françaises sous l'Occupation», par Martine Poulain, Gallimard, 550 p., 22,50 euros.

L'article du NouvelObs se termine de fort belle manière sur cette réflexion à méditer en ces temps de crise:

"l'historienne montre une France opprimée qui cherche l'évasion dans la lecture, une France où «Autant en emporte le vent» s'arrache au marché noir au prix d'un kilo de jambon. «La France fut effectivement lectrice durant l'Occupation. L'édition de nouveautés étant particulièrement pauvre, les libraires mal approvisionnés, les bibliothèques ont été très fréquentées. Si la lecture est empêchée, par la censure ou par les difficultés matérielles de la vie, les réfugiés, les isolés, les prisonniers, tous ceux qui sont meurtris par la guerre, trouvent aussi en elle l'oubli comme l'enrichissement, une forme de liberté. L'Occupation, qui voulait contrôler la lecture par la censure, l'a paradoxalement favorisée.» En fait, le paradoxe n'est qu'apparent. La censure a toujours aiguisé l'appétit pour l'interdit. Et puis on peut toujours contrôler les lectures dans les bibliothèques, on ne contrôlera jamais la manière qu'ont les lecteurs d'y circuler..."

Bonnes Lectures!