La phrase du jour (122)
Par Benjamin Martin-Tardivat le mercredi 18 novembre 2009, 09:39 - Humeur du jour - Lien permanent
Plus les galets ont roulé, plus ils sont polis. Pour les cochers, c'est le
contraire
Alphonse Allais
On notera aussi qu’il fit partie du mouvement Fumiste, était membre du club des
Hydropathes, fut un pilier du cabaret le Chat noir, dont il dirigea la revue,
et présenta de fameuses toiles monochromes (Récolte de la tomate sur le bord de
la mer Rouge par des cardinaux apoplectiques, etc.) au salon des Arts
Incohérents.
Alphonse Allais a composé des centaines de contes humoristiques, tous ou
presque écrits dans l'urgence. Poète autant qu'humoriste, il a cultivé entre
autres le poème holorime, c'est-à-dire constitué de vers entièrement
homophones, où la rime est constituée par la totalité du vers.
Exemple : « Par les bois du djinn où s'entasse de l'effroi,
Parle et bois du gin ou cent tasses de lait froid. »
ou encore : « Alphonse Allais de l'âme erre et se f... à l'eau.
Ah ! l'fond salé de la mer ! Hé ! Ce fou ! Hallo. »
Il sait à l'occasion se moquer de lui-même, dans le vers suivant :
« Ah ! Vois au pont du Loing : de là vogue en mer Dante.
Hâve oiseau pondu loin de la vogue ennuyeuse. »
suivi du commentaire de bas de page : « La rime n'est pas très riche,
mais j'aime mieux cela que de sombrer dans la trivialité. »
Son art de tirer à la ligne était proverbial. Il est vrai qu'il faisait même
cela avec esprit : « Il fait chaud ici, permettez que j'ouvre une
parenthèse. »