Les années 1880 et 1890, âge d’or de la presse en France, voient l’éclosion d’une multiplicité de revues littéraires et artistiques. Celles-ci bénéficient de la récente loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, mais aussi des progrès techniques de reproduction favorisant l’insertion de l’image sur la page imprimée.

La plus célèbre d’entre elles, est sans doute la Revue blanche.

Porte-parole de l'intelligentsia culturelle et artistique de l'époque, la revue apporte sa contribution à l'affaire Dreyfus à partir de 1898, prenant parti pour le capitaine injustement accusé de trahison. C'est aussi dans les colonnes de La Revue blanche que parut en feuilleton, en 1900, Le Journal d'une femme de chambre d'Octave Mirbeau.



L’aventure a commencé très modestement, en 1889, sous la forme d’un mince cahier franco-belge, lancé par un groupe de jeunes écrivains amateurs séduits par Barrès et Mallarmé.

L’apogée de la revue se situe entre 1893 et 1900. Le siège passe sur la rue des Martyrs, la revue propose des tirages de luxe et des numéros illustrés, commande une campagne d’affiches à Toulouse-Lautrec et crée pour finir sa propre maison d’édition qui, outre quelques habitués du sommaire de la revue, publiera le Quo Vadis de Sienkiewicz ou Les Mille et une nuits du docteur Mardrus. Leshroniqueurs célèbres se succèdent: Léon Blum, Claude Debussy, André Gide, Alfred Jarry....

Pendant quelques numéros, la revue ouvre même une rubrique consacrée à l’occultisme, une autre - plus surprenante encore - au sport, partagée entre Blum et Tristan Bernard.

Mais c’est la politique qui, pour finir, va donner à la revue son rôle historique le plus original, en même temps qu’elle va ouvrir en son sein une crise latente qui contribuera peut-être à hâter sa fin. Constituée assez largement d’admirateurs de Barrès, la Revue blanche va prendre en effet, à partir de 1898, nettement position en faveur du capitaine Dreyfus.

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