La phrase du jour (157)
Par Benjamin Martin-Tardivat le vendredi 30 septembre 2011, 07:43 - Humeur du jour - Lien permanent
Depuis que nous avons la télévision à la maison, nous prenons nos repas tous du
même côté de la table, comme dans la Cène de Léonard de Vinci.

Marcel PAGNOL (1895-1974)
Élu en 1946 au fauteuil 25
Auteur dramatique, cinéaste, romancier, né à Aubagne, le 28 février 1895.
Marcel Pagnol a raconté dans les trois volumes qui composent son autobiographie
(La Gloire de mon père, Le Château de ma mère, Le Temps des secrets) son
enfance et son adolescence provençales.
Ce fils d’instituteur public fit ses études au lycée Thiers de Marseille, puis
obtint sa licence d’anglais et devint professeur à Aix-en-Provence ; il
enseigna ensuite à Paris, au lycée Condorcet.
Il se découvrit très jeune une passion pour l’écriture dramatique, et devait
publier dès 1922 un drame en vers : Catulle. Il fonda également la revue
Fortunio, ancêtre des Cahiers du Sud.
Après deux pièces écrites en collaboration avec Paul Nivoix, Tonton et Les
Marchands de Gloire, qui furent représentées à Paris, Marcel Pagnol atteignit
au succès avec les deux premières pièces qu’il composa seul : Jazz (1927),
et surtout Topaze (1928), l’une des pièces les plus constamment reprises du
répertoire contemporain.
La suite de sa carrière devait se partager entre le théâtre et le cinéma, ce
qui allait faire de lui le maître du « théâtre filmé », grâce en
particulier à sa célèbre trilogie marseillaise : Marius, Fanny et César,
écrite pour la scène avant qu’il l’adaptât pour l’écran. Au septième art, il
donna entre autres : Merlusse, Cigalon, Le Schpountz, La Fille du
puisatier, La Belle meunière, Manon des sources, ainsi que plusieurs films
inspirés de l’œuvre d’un autre provençal, Jean Giono : Angèle, Regain, La
Femme du boulanger. Il fut servi par les plus grands interprètes de
l’époque : Louis Jouvet, Raimu, Pierre Fresnay, Fernandel.
Dramaturge et poète, Marcel Pagnol a su faire revivre dans son œuvre une
Provence vivante, dépeignant entre rire et émotion l’âme et les mœurs
méridionales. Son talent, qui dépassait les frontières, l’avait immortalisé dès
avant son élection à l’Académie, à quarante-sept ans seulement, le 4 avril
1946, par 15 voix au fauteuil de Maurice Donnay, qui avait occupé son siège de
1907 à 1945.
Sa réception, le 27 mars 1947, par Jérôme Tharaud, fut filmée, ce qui
constituait une première dans l’histoire de l’Académie française. François
Mauriac a tracé de lui, dans son Bloc-notes, un portrait amical :
« Pagnol, le seul à ne pas avoir de socle. Il semble s’être glissé dans
cette antichambre de l’éternité en passant par la fenêtre, le seul qui sente
l’air du dehors ».
Mort le 18 avril 1974.