Remarques générales avant billets plus spécifiques sur la "Valeur des Images".

Le prix d'une photographie varie en fonction de son auteur, bien sûr, mais aussi d'une multitude de critères que le marché a mis en place : tirage d'auteur ou d'époque, contretype ou retirage, état de conservation, nombre de clichés existant sur le marché, qualité de la photo et importance dans l'oeuvre de l'auteur, papier, format, présence ou non de la signature, d'un numéro, d'un cachet, existence ou non du négatif.

Si chaque photo a son histoire, marchands et collectionneurs ne jurent d'abord que par le " vintage ", notamment pour la période qui court du dix-neuvième siècle à la fin des années 60, c'est-à-dire le tirage d'époque, contemporain de la prise de vue mais pas nécessairement réalisé par l'auteur.

Le vintage (un terme qui vient du monde du vin) a été inventé par les Américains dans les années 60 pour fixer un cadre au marché... et faire grimper le prix des images en donnant de la valeur au document le plus rare.

Quelques remarques initiales avant que les spécialistes n'interviennent.

XIX et XX

Le dix-neuvième a ses spécificités. D'abord, il perd sa rareté à partir de 1870, quand la photo se banalise et illustre les nombreux voyages vers l'Orient. L'absence de signature, si l'attribution est évidente, ne fait pas perdre de la valeur. En revanche, la qualité de conservation est déterminante dans l'établissement de la cote, tout comme, dans une moindre mesure, le nombre d'exemplaires.

Le tirage unique donne de la valeur à la photo historique. Outre les daguerréotypes au dix-neuvième, les photomontages, collages, radiogrammes et photogrammes des années 20 atteignent des prix élevés.

XX et XXI

Tous ces critères n'ont plus cours pour la photographie contemporaine. Depuis l'organisation du marché, au début des années 70, la plupart des photographes limitent leurs tirages (de 3 à 50 en moyenne, selon le choix de l'artiste), qu'ils numérotent sans que ça interfère sur le prix des images. Les critères sont alors communs à ceux du marché de l'art, avec des prix beaucoup plus bas.

Les fresques gigantesques d’Andréas Gursky s’arrachent pour des millions. 99 Cent II Diptych de Gursky est devenue, en février 2007, la photographie la plus chère de l’histoire (3 346 456 $ soit 2,3 millions d’euros) lors d'une ventes chez Sotheby’s ; un record époustouflant, lorsqu'on sait qu'il s'agit d'une édition sur six.

Cette photo détrône The Pond-Moonlight, prise en 1904 par Edward Steichen (vendue 2 928 000 $ soit 2 millions d’euros) en 2006, et dont il n’y aurait que trois exemplaires.

Mais les œuvres stars peuvent fausser les records annoncés par les grandes maisons de vente, car en fin de compte, le marché de la photographie reste encore très accessible. En 2006, 53% du marché représentait des œuvres de moins de 2000 €, 44.5% de 2000-20 000 €, et à peine 2,5% des œuvres de plus de 20 000 €.

On se souviendra aussi du 27 octobre 1999, à Londres, de la vente de la collection du libraire André Jammes.

A elle seule, cette « vente du siècle » génère un produit de plus de 10 millions d’euros ! Du jamais vu dans le domaine de la photographie. Les épreuves mises en vente sont d’une qualité exceptionnelle et constituent un fond documentaire sans précédent. Une incroyable adjudication de 460 000 £ (718 000 €), au décuple des estimations, couronne alors un paysage de Gustave Le Gray, La Grande Vague, Sète, daté de 1855.

La seconde partie de la collection Jammes proposée les 21 et 22 mars 2002 en France par Sotheby’s... 11,8 millions d’euros !

Quant aux photographies des paparazzi...

Plus de 4 millions de dollars pour...

Et plus de 2 millions... pour...